Dans un secteur encore largement masculin, nos jeunes ingénieures démontrent avec conviction qu’elles ont pleinement leur place dans le monde des sciences et de l’ingénierie. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous mettons à l’honneur, tout au long du mois de mars sur nos réseaux sociaux, les portraits de ces élèves, véritables pionnières du futur.
Découvrez ci-dessous un extrait de ces parcours inspirants, portés par l’ambition de redéfinir l’ingénierie.
Clémentine Perrin, étudiante ingénieure en 2ème année à l’École Centrale de Lille
Qu’est-ce qui vous a motivée à choisir l’ingénierie ?
Étant une personne plutôt curieuse, j’étais attirée par plusieurs domaines au lycée, mais particulièrement par les sciences. Je cherchais donc une voie scientifique, de haut niveau, me permettant de garder un grand nombre de portes ouvertes. Mon choix s’est donc porté vers une classe préparatoire scientifique, puis une école d’ingénieur généraliste. Aujourd’hui, je suis très satisfaite de mes études, car elles m’offrent un large éventail d’enseignements, et m’autorisent à me spécialiser plus tardivement.
Quels conseils donneriez-vous à une lycéenne intéressée par une carrière en ingénierie ?
Avant tout, je lui conseillerais de ne pas douter de sa légitimité à poursuivre une carrière en ingénierie. Bien qu’elles restent encore sous-représentées dans les écoles d’ingénieur, les filles sont tout aussi méritantes que les garçons à poursuivre ces études. Enfin, je lui dirais surtout de ne pas s’autocensurer ni et de ne pas se fermer des portes. Au contraire, je l’encouragerais à persévérer dans cette voie qui l’intéresse, et de faire mentir tous ceux qui pensent encore que les femmes n’y ont pas leur place !
Comment percevez-vous l’évolution de la place des femmes dans les métiers scientifiques ?
Selon moi, les femmes vont naturellement de plus en plus s’imposer dans les métiers de direction, mettant fin à cette image de “monde d’hommes”. Elles prouveront qu’elles ne sont pas là pour remplir les quotas mais bien parce qu’elles ont leur place ici. J’espère alors qu’il y aura de plus en plus de modèles de grandes figures scientifiques féminines inspirant les générations futures. De plus, beaucoup de domaines liés au corps féminin restent sous-étudiés par manque de recherche. Je pense que ce sont des choses qui changeront à l’avenir, car une prise de conscience de ces sujets est déjà en route. Enfin, d’après moi, les femmes et les hommes ont parfois des approches différentes, une vision des choses différentes. Il me semble donc bénéfique de mélanger ces deux façons de réfléchir complémentaires.
Laurie Haziza, étudiante ingénieure en 2ème année à l’ENSCL
Qu’est-ce qui vous a motivée à choisir l’ingénierie ?
J’ai toujours aimé les sciences, en particulier les mathématiques. Ce qui me stimule le plus, ce n’est pas tant l’accumulation de connaissances que la manière de les utiliser pour résoudre des problèmes. L’ingénierie m’est apparue comme un domaine qui permet d’allier logique, réflexion et application concrète. Au lycée, je n’étais pas très sûre de moi quant à ce que je voulais faire plus tard : choisir cette filière me rassurait car je savais que je pourrais toujours trouver un domaine qui me plairait.
Par contre, j’ai été influencée par des remarques extérieures, notamment sur le fait qu’il y avait « déjà beaucoup de filles en chimie » (sous-entendu, je devrai m’intéresser à un autre domaine pour y augmenter la représentation des femmes), ce qui m’a fait me poser des questions inutiles. Avec du recul, ce genre de considérations ne devrait jamais entrer en jeu dans un choix d’orientation.
Quels conseils donneriez-vous à une lycéenne intéressée par une carrière en ingénierie ?
L’ingénierie, c’est ultra large : il y en a pour tous les goûts, et ça ne ferme aucune porte. Si on aime réfléchir aux problèmes, les définir pour mieux les résoudre, on peut toujours trouver un domaine qui nous correspond. Et surtout, ça évolue facilement avec le temps, ce qui en fait une bonne option quand on ne sait pas encore exactement ce qu’on veut faire plus tard.
Mon conseil serait de ne pas réfléchir tout de suite à sa place en tant que femme dans l’ingénierie, mais juste à ce qui nous intéresse réellement. Focalise-toi d’abord sur le contenu des matières et sur ce qui te motive intellectuellement, sans te soucier des stéréotypes ou de la répartition des genres. Ensuite, pour savoir si une voie est faite pour toi, le mieux est de discuter avec des étudiant(e)s qui vivent réellement la formation/le métier plutôt que de se fier uniquement aux discours officiels des écoles.
Comment percevez-vous l’évolution de la place des femmes dans les métiers scientifiques ?
Aujourd’hui, il y a une volonté d’encourager les femmes à aller vers des domaines où elles sont sous-représentées, mais parfois, cela ressemble plus à une quête de parité qu’à une réelle volonté de laisser chacun choisir librement. Être une femme ne devrait ni imposer un combat constant ni empêcher d’accéder à une filière qui nous intéresse. Il y a un équilibre à trouver : s’assurer que l’on fait un choix en fonction de ses véritables intérêts, et non parce qu’on pense (consciemment ou inconsciemment) ne pas avoir sa place. Les biais existent, et il faut en être consciente, mais l’important est de ne pas les laisser dicter nos décisions.
Marie Duval, étudiante ingénieure en 3ème année à l’IG2I
Qu’est-ce qui vous a motivée à choisir l’ingénierie ?
Depuis le lycée, j’ai toujours été passionnée par les sciences et devenir ingénieure était une évidence pour moi. En découvrant la spécialité NSI avec un professeur passionné, j’ai décidé de me lancer dans l’informatique. J’étais la seule fille dans sa classe, ce qui m’a encore plus motivée. Devenir ingénieure en informatique industrielle a été la combinaison parfaite de mes passions et de mes compétences.
Quels conseils donneriez-vous à une lycéenne intéressée par une carrière en ingénierie ?
Je te conseille de foncer ! Si tu aimes les sciences, n’hésite pas. Ce sera un parcours enrichissant et plein de défis. Ne crains pas d’être la seule femme dans une classe ou une équipe, au contraire, c’est une force.
Comment percevez-vous l’évolution de la place des femmes dans les métiers scientifiques ?
Aujourd’hui, de plus en plus de femmes deviennent ingénieures, mais il reste encore une grande différence entre les sexes dans certaines professions. Il faudrait parler de ces métiers dès le collège. Certains métiers sont encore vus comme masculins, ce qui est dommage car les femmes devraient être davantage présentes dans ces domaines. L’inclusion doit être une priorité pour que tout le monde puisse s’y intéresser.
Philomène Grimaldi, étudiante ingénieure en 2e année à l’ITEEM
Qu’est-ce qui vous a motivée à choisir l’ingénierie ?
En terminale, j’ai beaucoup hésité avec des écoles plus créatives, comme le design. Mais j’ai choisi l’ingénierie parce que je voulais acquérir des compétences scientifiques techniques qui pourraient finalement alimenter ma créativité, la structurer et la concrétiser. Cette formation me permet de transformer mes idées en projets réels et utiles. C’est vraiment sympa de voir sa créativité se matérialiser grâce à l’ingénierie !
Quels conseils donneriez-vous à une lycéenne intéressée par une carrière en ingénierie ?
N’ayez surtout pas peur ! L’ingénierie, ça peut paraître très loin lorsque l’on est au lycée mais c’est un univers vaste bien plus accessible que l’on ne pense. Même si vous ne savez pas exactement où cela vous mènera, si cela vous intéresse, c’est déjà une super raison de vous lancer. C’est une filière qui ouvre des portes partout, en France ou à l’étranger, et qui vous permet de combiner vos passions, vos intérêts, que ce soit l’art, les voitures, la médecine ou même le luxe. Et non, l’ingénierie, ce n’est pas qu’un monde de garçons : en école ou dans le monde du travail notre présence y fait toute la différence et est largement appréciée, foncez !
Comment percevez-vous l’évolution de la place des femmes dans les métiers scientifiques ?
On avance, et ça fait plaisir de voir de plus en plus de femmes reconnues pour leurs compétences, et pas juste parce qu’elles sont rares dans ce milieu. Selon les branches de l’ingénierie, la mixité progresse plus ou moins vite, mais globalement, on remonte la pente. Mais on a besoin de vous pour que ça continue !

