Comme annoncé précédemment dans le Point Com’, Centrale Lille est porteur du projet « GEEKS FOR EDUCATION (G4E) – inclusive teaching and learning of STEM and digital skills by leveraging tech hubs and non-formal education ». Ce projet lancé en 2020 et qui s’étend sur 3 années, bénéficie d’un financement de l’Union Européenne et regroupe 12 partenaires en provenance de 7 pays.

Après des échanges et activités par visioconférences, des rencontres en présentiel ont pu être organisées dans les locaux de l’IEMN à Villeneuve d’Ascq, incluant des acteurs d’horizons divers. 

Vers une réflexion globale sur l’enseignement

Les 18 et 25 mai se sont tenus une série d’ateliers à l’IEMN. Ils avaient vocation à clôturer une plus large phase d’activités, impliquant des enseignants et enseignants-chercheurs, mais également des éducateurs de centres sociaux lillois, des enseignants du secondaire, intervenant dans différents collèges, et des techniciens de Fablab.  Le but recherché était d’amener les participants, les « geeks », à approfondir leur réflexion sur leurs compétences et aptitudes en tant que formateurs, éducateurs, enseignants ainsi que sur leurs propres pratiques pédagogiques, en particulier dans le domaine du numérique et des STEM (Science, Technologie, Ingénierie, Mathématiques).

Les cadres de référence et de valeurs de chacun ont ainsi été questionnés, les stéréotypes et préjugés identifiés, afin de mettre en valeur la notion d’égalité des chances. Parmi les stéréotypes identifiés, on peut citer le manque d’intérêt des filles pour les matières scientifiques et le numérique, qui fait partie des challenges auxquels le projet Geeks for Education s’est promis de s’attaquer.

Yannick Dusch, maître de conférences à Centrale Lille, témoigne du succès rencontré par la démarche : « Les opportunités de procéder à une réelle introspection sont plutôt rares ! Cet exercice a été pour moi l’occasion de découvrir ou redécouvrir mes motivations en tant qu’enseignant, chercheur et geek, ma façon d’enseigner, les traits de caractère et les biais qui l’influencent….  Cela a également été une façon de prendre du recul pour adopter un regard d’apprenant et se projeter en quelque sorte « de l’autre côté du tableau ». Ces activités ont sans aucun doute participé à la richesse des échanges lors des ateliers, qui ont fait germer de réelles pistes pour améliorer la transmission des sciences au plus grand nombre. »

Une approche multicanale

Afin de construire des outils pédagogiques innovants, transdisciplinaires et inclusifs, 3 piliers théoriques sont explorés :

  • L’apprentissage connecté visant à lier la pratique à la théorie par des expérimentations, des manipulations techniques et l’utilisation de ressources en ligne ;
  • L’apprentissage transformationnel, processus cognitif utilisé pour redonner du sens à l’expérience d’apprentissage ;
  • Les cadres européens de compétences qui comprennent les 8 compétences clés, le DigCompEdu (compétences numériques des enseignants) et le LifeComp (compétences personnelles, sociales et la capacité d’apprendre à apprendre).

Ces piliers théoriques, combinés aux pratiques et à l’expérience des 12 partenaires européens et de leurs réseaux, permettront de concevoir des outils de formation pour les enseignants, et des formats pédagogiques pour les apprenants.

Au mois de juillet se tiendra à Amarante au Portugal une réunion transnationale permettant à la fois de faire le bilan de ces actions et servant de point d’étape au projet. Les coordinateurs locaux et quelques geeks seront au rendez-vous pour poursuivre le travail et prévoir la suite des activités.